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Lot 10 - André LHOTE (1885-1962) - La rue d'Assas, 1907 - Huile sur papier marouflé sur[...]

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André LHOTE (1885-1962)
La rue d'Assas, 1907
Huile sur papier marouflé sur toile, signée en haut à gauche, titrée et datée au dos
81 x 60 cm - 31 3/4 x 23 1/2 in.
Oil on mounted paper on canvas, signed upper left, titled and dated on reverse

Le certificat n° NA 1688, rédigé par Madame Dominique Bermann-Martin en date du 18 février 2016 et indiquant que cette oeuvre sera intégrée au catalogue raisonné en préparation, sera remis à l’acquéreur

Exposition
Maison de la Pensée française, André Lhote, Paris, 1961, référencé sous le n°1 et repr. p.12
L'expressionisme flamand en Europe 1900-1930, Musée des Beaux Arts de Gand, 1990, référencé sous le n°46 du catalogue

Provenance
Collection privée, Neuilly sur Seine, 1971
Vente Blache, Versailles, 1975, n°53
Collection Oscar Ghez
Collection du musée du Petit-Palais, musée d’Art moderne, Genève
Vente Marc-Arthur Kohn, n°86, Paris, 3 avril 1995
Collection privée, Paris


André Lhote
Né en 1885, André Lhote entame sa carrière artistique par dix années de pratique de la sculpture. Cette formation marquera de manière non négligeable la personnalité du peintre quant à l’utilisation de l’espace et des volumes. Après des études aux Beaux-Arts de Bordeaux, l’artiste rejoint rapidement les grands mouvements modernistes qui bouleversent les codes artistiques du début du XXème siècle.
Il approfondit sa propre conception d’un cubisme « traditionnel », qui ne doit pas établir à ses yeux de rupture dans la tradition picturale mais bien plutôt une continuité de celle-ci dans la modernité. Dès 1916, Lhote enseigne et, en 1925, il fonde sa propre académie.
En raison d’une grande indépendance d’esprit et d’une intelligence picturale qui lui est propre, André Lhote fait partie des grands inclassables du modernisme de son époque.
Il se penche sur le fauvisme, l’impressionnisme et le cubisme, tout en se démarquant par une interprétation très personnelle du mouvement qui l’intéresse.
Le tableau qui nous a été confié est une œuvre de jeunesse d’André Lhote.
Nous sommes en 1907, l’artiste a 22 ans et vient de ressentir un véritable choc esthétique lors du Salon d’Automne qui présenta, un an après le décès de l’artiste, la Rétrospective Cézanne (56 œuvres).
S’ensuit une admiration sans borne pour Cézanne. Lhote se lance dans une recherche artistique nouvelle qui lui permet d’exprimer son puissant tempérament. Cette toile est l’un des très rares témoignages de cette période.
L’artiste nous ouvre une fenêtre sur la rue d’Assas.
Le choix d’une scène urbaine est particulièrement intéressant quant à la contradiction opérée au sein de l’œuvre : des couleurs fauves apposées par petites touches vivantes viennent dépeindre la grisaille parisienne avec une certaine chaleur.
Une surprenante dichotomie dans l’œuvre semble couronner la contradiction qui anime le peintre : les couleurs froides des constructions urbaines, rehaussées de petites touches d’un rouge profond pour suggérer les éléments architecturaux, ne se trouvent pourtant pas éclipsées par le ciel chaud et vibrant, très présent dans la toile.
Nous sommes comme entrainés dans cette composition tournoyante. L’artiste, peut-être en proie à ce qu’il nommera plus tard l’hallucination poétique, ne s’embarrasse pas de scrupules architecturaux ou de codes pour transcrire sa sensation picturale. Imprégné du travail de ses prédécesseurs, Lhote se laisse aller à une incroyable créativité.
Dans cette toile, cubisme, impressionnisme et fauvisme semblent se donner l’écho dans une harmonie nouvelle, surprenante et très aboutie. Là où Matisse utilise un plein de couleur vive, Lhote place la ligne sombre, là où Cézanne suggère la perspective, Lhote fait surgir un aplat délicat.
Le tableau qui associe une atmosphère silencieuse avec un sens indéniable du mouvement, semble marquer un arrêt dans le temps.
Il suspend le spectateur dans son vol pour le plonger dans la contemplation d’une vision inventive et modernisée
de l’espace urbain

Born in 1885, André Lhote began his artistic career with ten years of sculpture. This experience had an indelible influence on the painter in his approach to space and volume. After studying at the School of Fine Arts in Bordeaux, the artist quickly joined the great modernist movements which affected artistic practices in the early twentieth century
He enforced his own approach to «classic» Cubism, which he felt should not break with pictorial traditions but rather continue them with modern means. By 1916 Lhote started teaching and in 1925, he founded his own academy.
His independent thinking and heightened pictorial intelligence contributed to making André Lhote one of the great unclassifiable modernists of his time.
He delved into Fauvism, Impressionism, and Cubism, while remaining very distinct with personal considerations of each movement.
The painting with which we have been entrusted is an early work by André Lhote.
The artist was 22 years old in 1907, when he experienced an incredible impact at the Salon d’Automne where a retrospective of 56 works by Cézanne were presented just one year after this artist’s death. Endowed with endless admiration for Cézanne, Lhote began new artistic methods that allowed him to express his strong temperament.
This painting is one of the very rare testaments of that period.
It looks out onto the street Rue d’Assas. The choice of an urban scene is particularly interesting given the composition’s contrast between tawny hues applied in small, delicate strokes and depicted Parisian gloominess that it brings to life with a certain amount of warmth.
A surprising division in this work seems to represent a pinnacle in the painter’s contradictions: cool colors of urban buildings are enhanced by deep red brushstrokes that suggest architectural elements, but are not overshadowed by the warm, vibrant sky that is just as present in this painting.
The beholder is drawn into this whirling composition. The artist, perhaps already at the risk of what he would later call “poetic hallucination”, does not demonstrate great restraint or strict traditional architectural codes when transcribing his pictorial sensations. Permeated with the work of his predecessors, Lhote assimilated it with amazing creativity. In this painting, Cubism, Impressionism, and Fauvism seem to resound in new harmony with great accomplishment. While Matisse used bright colors, Lhote emphasized darkness. Whereas Cézanne suggested perspective, Lhote delicately played with areas of solid color.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes